«L’UNICEF est profondément préoccupé par les flambées de maladie à virus Ebola confirmées en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, ainsi que par le risque croissant qui pèse sur les enfants et les communautés vulnérables dans toute la région – une situation que l’Organisation mondiale de la Santé qualifie désormais d’urgence de santé publique de portée internationale.
À ce jour, 246 cas suspects ont été signalés, dont 80 décès présumés enregistrés dans la province de l’Ituri, dans l’est de la RDC. L’Ouganda a également signalé deux cas, dont un décès.
Ces chiffres soulignent l’urgence de soutenir les gouvernements dans la mise en œuvre de mesures rapides afin de contenir la propagation de l’épidémie, notamment grâce à la mobilisation des communautés et des parties prenantes concernées ainsi qu’à une coordination transfrontalière renforcée.
Moins courante que la souche Zaïre, la souche Bundibugyo ne bénéficie actuellement d’aucun vaccin ni traitement approuvé. Selon les informations disponibles, la circulation de cette souche particulière du virus Ebola pourrait avoir débuté à la fin du mois d’avril.
Dans ce contexte, l’insécurité persistante, les difficultés d’accès et la forte mobilité des populations augmentent considérablement le risque d’une propagation rapide dans les zones touchées et les régions voisines.
Les enfants sont particulièrement vulnérables aux conséquences des flambées de maladie à virus Ebola, notamment en raison des perturbations des services essentiels, de la perte de parents et de proches aidants, de la stigmatisation, de la détresse psychosociale et de l’augmentation des risques en matière de protection.
Face à cette situation, l’UNICEF a déjà acheminé à Bunia près de 50 tonnes de matériel destiné à la prévention et au contrôle des infections, notamment des désinfectants, du savon, des équipements de protection individuelle, des comprimés de purification de l’eau ainsi que des réservoirs d’eau.
Une équipe multidisciplinaire d’intervention rapide d’urgence devrait également être déployée prochainement afin de fournir une assistance technique dans des domaines prioritaires, notamment en matière de communication sur les risques et de mobilisation communautaire.
L’objectif est d’aider les familles à mieux comprendre les modes de transmission du virus et les moyens de réduire les risques d’infection.
Plus de 2 000 agents de santé communautaires sont déjà mobilisés sur le terrain. Toutefois, un renforcement urgent des capacités humaines et des ressources matérielles reste nécessaire afin de garantir une couverture efficace, en particulier dans les zones difficiles d’accès.
En réponse à l’épidémie, l’UNICEF a activé son niveau d’urgence le plus élevé – une urgence organisationnelle de niveau 3 – afin de permettre un renforcement à l’échelle de l’organisation des mesures de préparation et d’intervention dans les zones touchées et à risque.
Cette activation permet un accès immédiat à des financements flexibles, un déploiement accéléré du personnel d’urgence, des procédures opérationnelles simplifiées pour les bureaux nationaux ainsi qu’une coordination renforcée entre les bureaux régionaux et le siège afin de soutenir les enfants et les familles touchés par l’épidémie.
L’UNICEF travaille en étroite collaboration avec ses partenaires, notamment l’OMS et les Centres africains de prévention et de contrôle des maladies, afin de soutenir les efforts menés par les gouvernements.
«Chaque flambée de maladie à virus Ebola met les enfants en danger – non seulement à cause du virus lui-même, mais aussi en raison des perturbations plus larges qu’elle entraîne dans les systèmes de santé, de nutrition, d’éducation et de protection.
L’UNICEF appelle à garantir un accès humanitaire immédiat, sûr et durable aux communautés touchées, en particulier dans l’est de la RDC, afin de permettre une assistance efficace aux enfants et aux familles vulnérables.
Une action rapide, une mobilisation communautaire fondée sur la confiance ainsi qu’un soutien continu aux intervenants de première ligne et aux agents de santé communautaires – qui sont eux aussi exposés à des risques importants – seront essentiels pour protéger les enfants et contenir la propagation du virus.»